23/11/20

    Volontariat/bénévolat : quelle situation en Europe ?

    Une reconnaissance juridique

    En 2011, le volontariat apparaît dans l’article 165 du traité de Lisbonne, qui consacre la compétence de l’Union européenne en matière de sport. Cet article indique ainsi que l’UE « contribue à la promotion des enjeux européens du sport, tout en tenant compte de ses spécificités, de ses structures fondées sur le volontariat ainsi que de sa fonction sociale et éducative ». L’engagement volontaire, qui structure l’ensemble du modèle sportif tel qu’on le connaît en Europe, est ainsi gravé dans le marbre des traités.

    Des millions d’Européens concernés

    D’après l’enquête Eurobaromètre sur le Bénévolat et la Solidarité intergénérationnelle publiée en 2011, près d’un quart des Européens âgés de plus de 15 ans exercent une activité bénévole (24%). Une tendance à la hausse malgré le sentiment d’une « crise du bénévolat » qui prédomine parfois. L’étude souligne néanmoins de fortes disparités entre les États. Parmi les bons élèves figurent les Pays-Bas, avec 57% de la population exerçant une activité bénévole. A l’inverse, la Pologne figure en queue de peloton (9%). L’étude montre aussi que le niveau d’éducation est un facteur qui affecte l’engagement dans le bénévolat, bien plus que l’âge ou le genre.

    Le sport, un secteur qui réunit les Européens, notamment les plus jeunes

    Avec 24% de bénévoles engagés dans des activités sportives à travers l’Europe, le sport est le domaine qui attire le plus grand nombre de volontaires. Là encore, des disparités existent entre les États, avec un pourcentage particulièrement élevé en Irlande (37%), au Danemark (35%) et en Allemagne (34%).

    Une autre enquête Eurobaromètre sur la jeunesse menée en 2014 indique quant à elle que 44% des jeunes européens de 15 à 30 ans participent à des activités bénévoles. Dans la majorité des pays, cette tendance est là aussi à la hausse. Parmi ces jeunes bénévoles, 40% d’entre eux indiquent exercer leurs activités dans le domaine du sport.

    Bénévolat et volontariat – Quelle différence ?

    Le bénévolat et le volontariat correspondent à deux situations différentes, mais qui prêtent souvent à confusion. En Europe, le terme « bénévolat » est en effet souvent traduit par « volunteering ». Alors qu’au sein de l’UE, ces notions sont utilisées de manière interchangeable, en France, le volontariat correspond à un statut juridique précis. À l’inverse, le bénévolat est un engagement libre, sans subordination juridique.
    La Charte européenne sur les droits et les responsabilités des bénévoles (European Youth Forum – 2012) pose deux définitions :
    • Est définie comme bénévole ou volontaire une personne qui entreprend des activités de son propre gré au service de la société dans laquelle elle vit. Ces activités se font sans but lucratif, et elles sont propices à l’épanouissement du/de la bénévole/volontaire qui consacre de son temps et son énergie à l’intérêt général, sans aucune compensation financière.
    • Sont définies comme des activités de bénévolat/volontariat celles entreprises par un/une bénévole/volontaire. L’activité s’effectue sans but lucratif et ne remplace pas un travail rémunéré. Elle peut se faire sous la houlette d’un pourvoyeur de bénévolat/volontariat ou de la propre initiative du/ de la bénévole.

    Les enjeux du bénévolat à travers l’Europe

    Il y a neuf ans, l’Union européenne a désigné l’année 2011 « Année européenne du bénévolat et du volontariat ». A cette occasion, de nombreuses actions ont été mises en œuvre pour valoriser l’engagement volontaire, et des discussions importantes ont été abordées pour renforcer la place du bénévolat dans l’UE. Quatre objectifs étaient notamment à l’ordre du jour : renforcer l’accessibilité au volontariat (permettre à chacun de s’engager) ; améliorer la qualité des expériences volontaires ; favoriser sa reconnaissance à travers l’Europe (notamment au niveau des compétences développées par ce biais) et mener des actions de sensibilisation.

    Les experts s’accordaient pour dire qu’il y avait un besoin urgent d’améliorer le cadre légal et réglementaire du bénévolat, afin d’améliorer son accessibilité. Cela passait notamment par la mise en place de stratégies de développement du bénévolat, inexistantes pour l’instant dans de nombreux pays européens.

    La valorisation de l’expérience bénévole était aussi un enjeu important, puisqu’elle permettrait d’encourager les personnes à s’engager davantage.

    Ces enjeux existent toujours à l’échelle européenne mais se manifestent différemment dans chaque pays. La difficulté réside donc aussi dans la prise en compte de la réalité locale et nationale de chacun État.

    Les grands événements sportifs, des accélérateurs de mobilité ?

    Alors que les jeunes européens s’investissent majoritairement dans des activités bénévoles au niveau local (66%) puis au niveau national (27%), seulement 11% de ces activités concernent d’autres pays du monde, et encore moins d’autres pays européens (7%).

    Poursuivant l’objectif de renforcer la citoyenneté active, l’UE encourage donc la participation bénévole des citoyens européens pendant les grands événements sportifs. En permettant la rencontre et le rassemblement de milliers de personnes aux profils divers, unis par un intérêt et un objectif commun, les événements sportifs ont en effet de multiples atouts. La mobilisation des programmes européens de mobilité (Erasmus, Corps Européen de Solidarité, etc.), dans le cadre de l’organisation des grands événements sportifs constitue à n’en pas douter une piste intéressante de réflexion pour faciliter le volontariat transfrontalier et contribuer ainsi à la formation d’une communauté de volontaires européens actifs.

    Un excellent exemple a été mis en place à l’occasion de l’UEFA EURO 2016 de football organisé en France. A Bordeaux, un projet de jeunes ambassadeurs des valeurs européennes a vu le jour, réunissant 30 jeunes issus de 7 pays européens différents (Allemagne, Espagne, Italie, Pologne, République Tchèque, Slovaquie, Roumanie) et 30 jeunes français en service civique. Ces derniers ont suivi une formation de deux mois et ont été déployés ensuite auprès d’un vaste champ de partenaires, allant des collectivités territoriales aux centres d’animation et de loisirs, en passant par des établissements scolaires, des associations, des consulats, des institutions culturelles, scientifiques, professionnelles, sociales, sportives ou médiatiques. L’objectif était d’animer des sessions d’informations et d’échanges autour des valeurs européennes. Ce projet a été le plus grand et le plus long projet de mobilité organisé dans le cadre d’une compétition sportive.

    Une initiative similaire a été proposée par la Fédération Internationale du Sport Scolaire (ISF) à l’occasion du Championnat d’Europe de badminton scolaire organisé à Clermont-Ferrand en 2017. 24 jeunes volontaires âgés de 14 à 16 ans et issus de 6 pays européens ont suivi un programme de formation et de mobilité dans le but de devenir de jeunes leaders bénévoles impliqués dans le sport scolaire.

    Alors que de nombreux grands événements sportifs internationaux se tiendront en France ces prochaines années (Coupe du monde de rugby, championnats du monde de ski alpin, Jeux Olympiques et Paralympiques….), cette tendance peut-elle se renforcer ? Comme le souligne le ministère français des Sports, les bénévoles jouent un rôle essentiel dans l’organisation d’un tel événement, puisqu’ils peuvent représenter jusqu’à 90% des individus impliqués dans l’organisation et l’animation. Selon le Comité d’organisation Paris 2024, 50 000 volontaires seront nécessaires à la bonne organisation des Jeux en 2024. Et si cet événement permettait à des milliers d’Européens de contribuer ensemble à la diffusion des valeurs européennes et olympiques dans notre société ?

    La valeur économique du bénévolat dans les États membres de l’UE :
    – Un pourcentage infime du PIB en Slovaquie, en Pologne et en Grèce (moins de 0,5 %) ;
    – Entre et 1 et 2% du PIB en Belgique, en France, en Allemagne, en Irlande, au Luxembourg et en Espagne ;
    – Plus de 2% du PIB au Danemark, en Finlande et au Royaume-Uni ;
    – Une part significative du PIB en Autriche, aux Pays-Bas et en Suède (entre 3 et 5%).

    Étapes importantes du bénévolat européen
    – 1996 : Service volontaire européen.
    – 1997 : Déclaration relative aux activités de service volontaire, jointe à l’acte final du traité d’Amsterdam.
    – Novembre 2003 : Déclaration d’Aarhus sur le volontariat dans le sport.
    – Novembre 2006 : Création du groupe de travail sur les « organisations sportives à but non lucratif »
    – Avril 2008 : Résolution du Parlement européen sur le « rôle du volontariat dans sa contribution à la cohésion économique et sociale ».
    – Avril 2009 : Mémorandum de Prague sur le bénévolat dans le sport.
    – Mars 2010 : Publication de l’étude sur le volontariat dans l’UE.
    – 2011 : Année européenne du volontariat.
    – Septembre 2011 : Communication de la Commission européenne sur les politiques de l’UE et le volontariat
    – Décembre 2016 : lancement du corps européen de solidarité

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